Médecins de la Grande Guerre

Collaboration « Kolossale », l’éléphant Jenny.

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Collaboration « Kolossale », l’éléphant Jenny.

Photo extraite de l’«Excelsior » n° 23 de 1915.

Photo extraite de l’«Excelsior » n° 23 de 1915.

Une belle photo carte représentant Jenny.

Un éléphant du génie. (L’Evénement illustré de mars 1915)

Jenny, à Avesnes, défile devant les troupes allemandes.

Collaboration « Kolossale », l’éléphant Jenny[1]

 

Sur le front, le besoin en bois est tel qu'un éléphant du Cirque Hagenbeck d’Hambourg est employé comme bête de somme dans les bois de Felleries et de Fourmies pour débarder les grumes destinées aux tranchées.

Son cornac, Walter Matthias, mobilisé en août 1914 dans la marine, est rappelé pour guider l’animal. Ils débarquent à Avesnes à la surprise des militaires comme des civils. Jenny est également affectée au transport de pierres à Flaumont-Waudrechies.

En 1917, l'animal est réacheminé à Hambourg.

 

D’autres détails sur l’éléphant Jenny

Notre collaborateur Bernard Liévain nous a fait parvenir il y a quelques semaines la photo assez surprenante de la couverture du numéro 4 de « l’Evènement illustré » datant de mars 1915. A sa vue, nous nous sommes posé cette question : que faisait cet éléphant au service du Génie de l’armée du Kaiser Guillaume II ?

La réponse fut trouvée par hasard quelques jours plus tard par Edouard Lis dans un ouvrage de notre bibliothèque : « Les chemins de l’armistice » qui décrit les combats de la Grande guerre de mars à novembre 1918. Voyons ce que l’on peut y lire (en résumé).

Le 15 juin 1918, Guillaume II est à Avesnes-Sur Helpe, dans le nord de la France, à quelques kilomètres de la frontière belge. Il y a établi son quartier général. En ce 15 juin, on fête le 30e anniversaire de son accession au trône. Il y passe les troupes en revue. Parmi les hommes au garde à vous, le plus gros « feldgrau » de toute l’armée allemande ; c’est ainsi que l’appellent tous les soldats, il y voit un éléphant femelle qui répond au nom de Jenny.

Avant de faire carrière dans un cirque, Jenny a longtemps travaillé en Asie au transport de troncs d’arbres. Elle a échappé au massacre auquel, faute de nourriture, la plupart des zoos ont été contraints de sacrifier tous les animaux comestibles. Elle a retrouvé son premier emploi à la gare d’Avesnes où depuis plusieurs mois, elle pousse des troncs d’arbres sur les wagons de marchandises. Ces troncs dont on tire des pièces de soutènement des abris de tranchées, ont été coupés dans le bois de Felleries voisin.

Jenny n’a pas été mobilisée seule. Son cornac, un homme de cirque qui a accompli son temps dans la Kriegsmarine, a reçu une nouvelle affectation à Avesnes. Il conduit son éléphant vêtu de son uniforme bleu avec le bonnet à double ruban.

Le Kaiser salue et défile placidement devant Jenny surmontée de son cornac au costume de marin, s’imaginant peut-être devenir un nouvel « Annibal » conduisant ses troupes à dos d’éléphant.

En octobre 1918, sous la pression des troupes alliées, les armées du Kaiser reculent et abandonnent peu a peu le terrain conquis 4 ans plus tôt. Jenny, quitte Avesnes et rejoint les terres belges. Protégée des dieux, Jenny passera sans encombre, en dépit de son volume, à travers les tirs d’artillerie. Son cornac aura moins de chance et sera grièvement blessé pendant la retraite. Jenny aura encore de belles années à vivre puisqu’elle ne s’éteindra qu’en 1930 après avoir repris du service au cirque Strassburger

 



[1] Texte édité avec l’aimable autorisation de Madame le conservateur de l’écomusée-Avesnois de Fourmies.



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