Médecins de la Grande Guerre

A Paris, un home « l’Union Belge » a succédé à l’ancien hôpital militaire belge.

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A Paris, un home « l’Union Belge »  a succédé à l’ancien hôpital militaire belge




       La maison de retraite « l’Union Belge », située à Paris, fut, pendant la guerre 14-18, un hôpital militaire belge. Aujourd’hui, au cœur d'un parc boisé de plus de 6500 m2 à Courbevoie, au 49 rue de Colombes, elle possède une capacité d'accueil de 104 lits dans un établissent mis aux normes d'Etablissement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD).

       Son histoire vaut la peine d’être racontée. Dans les années 1880, la France compte en effet un million d’étrangers dont la moitié sont des Belges. Ces derniers représenteront le contingent le plus important d’immigrés dans l’Hexagone jusqu’au début du XXe siècle. La majorité d’entre eux sont des travailleurs agricoles ou des ouvriers. A cette époque, la protection sociale est quasi inexistante et les Belges immigrés en région parisienne, coupés de leurs racines familiales, se trouvent très démunis devant les aléas de la vie. Soucieux de venir en aide à nos compatriotes, des mécènes belges résidant à Paris créent une société de secours mutuel, la mutuelle de l’Union Belge, dont les statuts paraissent au Journal Officiel du 8 juin 1888. Des membres de la famille royale et du gouvernement belge apportent leur contribution à l’Union Belge à laquelle le roi Léopold II décerne en 1891 le titre de Société Royale. Trois services sont créés: un service médical et pharmaceutique, qui assure la gratuité des soins et des médicaments, un service de bienfaisance et un service de demandes et offres d’emplois. L’accès aux hospices et hôpitaux de l’Assistance Publique étant à l’époque réservé aux patients de nationalité française, les Belges âgés ou handicapés ne peuvent être accueillis que dans des hospices privés. Dans un premier temps, l’Union Belge règle la pension d’une cinquantaine d’entre eux, avant de décider, grâce aux dons d’un mécène, Ferdinand Bischoffsheim, de construire un hospice pour les accueillir. Un parc boisé de 6.611 m2, situé 49, rue de Colombes à Courbevoie, est acheté en 1909. Le bâtiment est achevé deux ans plus tard et il accueille ses premiers pensionnaires en janvier 1912. Le Conseil d’Administration envisage de confier la gestion de la Maison à des religieuses, ainsi que cela se pratiquait à l’époque, mais la récente loi de 1901 sur les congrégations religieuses incite l’archevêque à repousser cette requête. Une dame de la Croix-Rouge, Amélie Bernard, est alors engagée comme économe-directrice, assistée de deux infirmières, d’une lingère et d’une cuisinière.

       Le règlement fixe l’heure du lever et celle du coucher. Les pensionnaires peuvent recevoir des visiteurs au parloir le dimanche, de 14 à 17h. Ils sont autorisés à sortir deux fois par semaine, de 13h à 17h, le mardi et le jeudi pour les hommes; le lundi et le vendredi pour les femmes.




       Très rapidement, après seulement deux ans d’existence, l’imposante bâtisse s’est transformée en hôpital militaire pour soigner les soldats belges victimes de la Première Guerre mondiale. Les deux premiers blessés ont été admis le 24 septembre 1914, dans ce lieu renommé « hôpital 118 ». Jusqu’à sa fermeture en septembre 1919, ce sont 4.046 soldats belges, mais aussi 851 français, qui y ont été pris en charge. Le roi Albert 1er ira même visiter l’hôpital le 6 décembre 1918.



Photo illustrant la visite du Roi Albert le 6 décembre 1918

       Après la guerre, l’institution retrouve sa vocation première mais admet aussi les patients français.

       Durant la Seconde guerre mondiale, la résidence parvient à subsister mais en septembre 1943, la Maison est endommagée par un bombardement dans lequel une religieuse, Sœur Eugénie, trouve la mort.

        Quatre-vingt-dix ans plus tard, en 2008, la Mutuelle de l’Union Belge s’est alors associée avec le groupe Mapad Santé[1] pour exploiter cet Ehpad.



       La Maison de Retraite a célébré son Centenaire le 1er décembre 2013. Organisé dimanche 1er décembre, en présence de Son Excellence l’Ambassadeur de Belgique en France, Patrick Vercauteren Drubbel, président d’honneur de l’Union belge, et de Jacques Kossowski, maire de Courbevoie, cet événement animé par Bernard Alexandre, sosie interprète de Jacques Brel, a permis à monsieur Paul de Gerlache de Waillimont, président de la mutuelle de l’Union belge, de rappeler la vocation de cette société de secours mutuel créée en 1888.‍

       Le sept septembre 2024 une nouvelle émouvante eut lieu. En présence de l’Ambassadeur de Belgique, du député et du maire de Courbevoie, l’Union Belge a dévoilé une plaque commémorative destinée à être installée sur la façade, rue de Colombes. Après les discours officiels et les respirations musicales proposées par le Lab’Opéra Hauts-de-Seine, Madame Françoise Leclerc, résidente de l’Union Belge, a lu un poème émouvant en hommage aux combattants belges.





       Nous pouvons nous réjouir que L’« Union Belge » constitue depuis plus d’un siècle un véritable trait d’union entre la Belgique et la France.



Dr Loodts P.

 

Source

L'histoire de la Mutuelle

 



[1] MAPAD est un regroupement à taille humaine de maisons de retraite : expérimenté, qui depuis plus de 20 ans gère des résidences pour personnes âgées dépendantes en ayant comme crédo le « Bien-vieillir »  qui repose sur l’écoute attentive, le respect des choix, de la dignité et l’intégrité de la personne. (https://mapad.fr/qui-sommes-nous/)


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