Médecins de la Grande Guerre

Mouchoirs d’instruction militaire français n° 9.

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Mouchoirs d’instruction militaire français n° 9



Démontage et remontage du fusil Modèle 1886 (Modifié en 1893)



       Le fusil modèle 1886 (fig A) se divise en six parties principales, savoir : 1e le canon, 2e la culasse mobile, 3e le mécanisme de répétition, 4e la monture en deux pièces, 5e les garnitures, 6e l’épée-baïonnette. Le canon en acier trempé et vissé sur la boite de culasse comprend deux parties : le canon, la boite de culasse. A l’intérieur du canon, on distingue la bouche de canon :  l’âme cylindrique du calibre de 8 millimètres : ses quatre rayures en hélice : ses quatre cloisons : la chambre qui reçoit la cartouche : le logement de la balle dans lequel viennent finir les rayures : le logement du collet d’étui, limité par une butée : le raccordement : les logements des deux cônes du corps d’étui : le chanfrein de l’entrée de la chambre.

Ordre du démontage

1e L’épée Baïonnette

2e La bretelle

3e La culasse mobile : Ouvrir la culasse mobile l’amener en arrière jusqu’à ce que la tranche de renfort du cylindre soit à hauteur de l’extrémité de l’échancrure de la boite de culasse – desserrer la vis d’assemblage (3 ou 4 filets) faire tourner la tête mobile pour dégager le bouton de son logement, faire sortir la culasse et enlever la tête mobile restée dans la culasse (voir plus bas)




1 – Tête mobile 2 – Extracteur 3 – Cylindre 4 – Chien 5 – Percuteur 6 – Manchon 7 – Ressort à boudin 8 – Vis d’assemblage.

       La tête mobile (1) est retirée comme il a été dit plus haut. Pour achever le démontage, saisir le levier (1) entre le pouce et les deux premiers doigts de la main gauche, les doigts fermés, le cylindre (3) en dessous, le chien (4) à droite. Embrasser le corps du chien avec le pouce de la main droite et le premier doigt placé dans la gorge du chien, le pouce vers le corps. Faire effort des deux mains en tournant la main droite pour dégager le coin d’arrêt (a) du cran de l’arme (b) et conduire le chien à l’abattu (c)

       Appuyer la pointe du percuteur (5) sur un morceau de bois dur le levier à droite, embrasser la culasse avec la main gauche le premier doigt dans la gorge du chien, le petit doigt sur le levier, amener la fente de repère du manchon (6) dans le prolongement de la fente de repère du chien : faire effort des deux mains pour comprimer le ressort à boudin (7) dès que le manchon se trouve en dehors du chien, dégager le manchon du T. Séparer le chien, le percuteur, le ressort et le cylindre.



       L’auget (1) étant dans la position de l’abattu, presser sur le ressort de gâchette (2) pour dégager le rouleau supérieur de son logement, relever l’auget, dégager le ressort de levier de manœuvre (3) au moyen d’une lame de tournevis et de rabattre en avant. Placer la came du levier (4) en face de son passage dans l’oreille droite du mécanisme, appuyer avec la main gauche sur le dessus de la queue d’auget, saisir le levier (5) entre le pouce et l’index et le tirer à soi jusqu’à ce que l’axe soit sorti du trou, séparer de l’auget le butoir d’auget (6) puis la gâchette (7) avec la détente

       La vis goupille d’arrêt de cartouche, l’arrêt de cartouche et le ressort de levier de manœuvre ne sont démontés que dans des circonstances exceptionnelles.

       La sous-garde ne doit jamais être séparée du corps de mécanisme.

Les pièces sont rangées dans l’ordre de démontage. Le remontage s’opère dans un ordre inverse.

Règles de tir du fusil modèle 1886

       De 0 à 250 mètres : Viser par le cran de mire du pied de la planche, (la planche rabattue en avant) ligne de mire inférieure de l’arme, laquelle correspond à 250 mètres.

       De 250 à 800 mètres : Viser par le cran de mire de l’arrière de la planche (rabattre la planche sur son pied, placer le curseur sur le gradin qui marque la distance indiquée)

       De 800 à 900 mètres : Viser par le cran de mire du curseur (planche levée, curseur baissé) ligne de mire de 900 mètres.

       A partir de 900 mètres jusqu’à 1900 mètres : Viser par le cran de mire du curseur (placer le bord supérieur à la division qui marque la distance indiquée) Les traits de droite de la planche indiquent les distances de 100 en 100 mètres, ceux de gauche de 50 à 50 mètres.

       A 2000 mètres : Viser par le cran supérieur de la planche levée.

1 – Pied de hausse 2 – Gradins numérotés 3 et 4 – Ressort et sis de ressort de hausse 5 et 6 – Charnière et Goupille 7 et 8 – Planche mobile et curseur 9 – Ressort de curseur 10 – Vis arrêtoir du curseur.



Préceptes du tir

       Lorsqu’un homme est isolé, il ne doit pas tirer à plus de 200 mètres sur un homme abrité ou couché – 300 mètres sur un debout ou à genou – 450 mètres sur un cavalier isolé – 600 mètres sur un but constitué par un groupe de quatre hommes et plus.3

Le soldat doit bien se pénétrer

       1e  Qu’une consommation prématurée de cartouches peut mettre une troupe à la merci de son adversaire, dès lors l’avantage reste à la troupe qui sait le mieux utiliser ses cartouches.

       2e Qu’un feu disséminé sur tout le front est peu puissant ; un feu concentré produit des trouées qui impressionnent et démoralisent l’ennemi.

       3e Qu’un feu mal ajusté, quelque nourrit qu’il soit est sans grand effet, à moins qu’il soit exécuté de près.

       4e Que le tir étant généralement trop haut, il faut viser le pied du but : Pour l’exécution des feux, le soldat ne charge l’arme qu’au moment de faire feu :  il n’ouvre le magasin que sur l’ordre de son chef : il ne commence à tirer que lorsque l’ordre est donné : il charge vite, prend avec soin la hausse prescrite, dirige le feu uniquement sur l’objet indiqué, vise attentivement le pied du but et cesse de tirer à l’instant même ou l’ordre en est donné.

       L’infanterie n’a rien craindre de la cavalerie quand elle conserve son sang-froid et reste dans la main de ses chefs.

Règles générales à observer.

       Pour démonter le fût, le saisir avec la main droite par son extrémité supérieure, la main gauche maintenant le canon près de la bouche : incliner le fût jusqu’à ce que le tenon d’attache soit dégagé de son logement dans la boite de culasse. Le fût contient le magasin qui renferme le ressort et le piston de magasin. La vis de culasse et la crosse ne sont jamais démontées par le soldat. Nettoyage et graissage. Tout lavage à l’eau du fusil mod. 86 est interdit. Après chaque exercice à feu l’arme est nettoyée et graissée. A cet effet, la culasse mobile et le mécanisme de répétition sont enlevés de la boite de culasse

Canon

       Pour nettoyer l’intérieur, prendre une ficelle de 2m50 à 3m attacher au milieu un chiffon de 15 à 20 cent., introduire la ficelle dans le canon et donner à la ficelle un mouvement de va et vient dans toute la longueur. Lorsque les parois de l’arme ont l’aspect lisse et brillant, on graisse en remplaçant le chiffon sec par un chiffon gras. Essuyer l’extérieur du canon, l’intérieur et l’extérieur de la boite de culasse et passer la pièce grasse sur toutes les surfaces en fer ou en acier démontées ou nettoyées sur place. La chambre est légèrement graissée.

Culasse mobile

       Essuyer les pièces soigneusement avec un linge sec ; en graisser toutes les parties intérieures. Mettre une goutte d’huilez aux rampes, à la griffe de l’extracteur et au cran du chien.

Mécanisme à répétition

       Il doit être simplement retiré de la boite ; ne sera démonté pour être nettoyé, que lorsque son fonctionnement laissera à désirer.

Monture

       L’essuyer avec un linge sec. S’il y a de la rouille, l’enlever avec un morceau de drap imbibé d’huile. L’emploi de l’émeri ou du grès est absolument interdit.

Pièces bronzées ou bleuies

       Si la pièce n’est pas rouillée, la frotter avec un linge sec : si elle est rouillée, l’essuyer avec un linge légèrement gras.

Les sentinelles

       Le premier, mot d’ordre, doit être le nom d’un grand homme, d’un général célèbre ou d’un brave mort au champ d’honneur.

       Le second, mot de ralliement, doit présenter le nom d’une bataille, d’une ville, d’une vertu civile ou guerrière. Tout soldat de service qui a reçu le mot n’en doit la communication qu’à ses supérieurs immédiats, ou, lorsqu’il est fait des rondes ou patrouilles par des officiers ou des corps étrangers à ceux qui lui ont communiqué d’abord et exactement le mot de ralliement. Pour éviter les surprises, on emploie certains signaux qui précèdent ou remplacent le mot de ralliement, tel que frapper dans les mains.

Sentinelle observant des traces de pas



      Les traces de pas, les empreintes laissées par les fers des chevaux ou les roues des voitures peuvent servir à reconnaitre la direction suivie par les colonnes ennemies, leur composition, leur nombre, leur ordre de marche.

       L’inquiétude des habitants ou leur insolence si l’on est en pays hostile, indique l’approche de l’ennemi.

       Les nuages de poussière qui s’élèvent régulièrement en l’air sont généralement soulevés par une colonne en marche, et l’on peut conclure de leur hauteur et épaisseur la direction et l’espace des troupes qui la composent.

Sentinelle faisant son rapport



       L’intensité de la fumée pendant le jour, l’éclat et le nombre des feux pendant la nuit sont aussi des indices mais il ne faut pas oublier que l’ennemi peut allumer des feux pour dissimuler un mouvement de retraite.

       Le roulement des voitures, le hennissement des chevaux, les aboiements prolongés des chiens dans un village, indiquent généralement un passage de troupes.

       La sentinelle qui a recueilli quelques indices prévient par un signe convenu le petit poste, dont le chef vient reconnaitre. Elle rend compte aux rondes et patrouilles. Pendant la nuit, l’une des sentinelles va prévenir le poste, l’autre reste à observer.

Sentinelle arrêtant un groupe



       Les sentinelles ne laissent franchir leurs lignes qu’à des chefs connus d’elles, ou à des personnes accompagnées d’un homme, et mieux, d’un caporal du petit poste. Lorsque quelqu’un, venant de l’intérieur ou de l’extérieur, approche d’une sentinelle double, l’un des deux hommes s’avance et crie : Halte là ! si la personne s’arrête, la sentinelle lui demande qui elle est, ce qu’elle veut. Si l’on continue à avancer, le cri de Halte là ! est répété une deuxième fois ; si l’on ne s’arrête pas, si l’on cherche à s’enfuir, la sentinelle fait feu. Si plusieurs individus se présentent, elle agit de même ; après avoir crié Halte là ! elle fait avancer l’un de ceux qui composent le groupe ; s’ils sont nombreux le petit poste les envoie chercher.

Sentinelle fusillant un déserteur



       La sentinelle arrête de la même manière toute personne qui se présente et prévient le petit poste par un signal, ou la fait conduire par un homme jusqu’au petit poste.

       Lorsqu’une sentinelle aperçoit un soldat qui cherche à sortir des lignes et à déserter et qui ne s’arrête pas sur son injonction, si elle ne peut le joindre, elle fait feu sur lui, en visant avec soin. Si elle parvient à l’arrêter, elle le conduit ou le fait conduire au petit poste en le surveillant spécialement pendant le trajet.

Déserteurs ennemis



       Si des déserteurs ennemis se présentent, la sentinelle les arrête au moins à 100 mètres et leur ordonne ou leur fait signe de déposer les armes, d’attacher leurs chevaux ou de les désangler et de s’en éloigner de quelques pas. Ces déserteurs sont ensuite conduits au petit poste : leurs chevaux sont ensuite ramenés et leurs armes rapportées, soit par des sentinelles quand celles-ci sont relevées, soit par des hommes envoyés du petit poste.

       Si les déserteurs sont en grand nombres, on ne les laisse approcher que successivement, ces hommes sont toujours surveillés avec le plus grand soin.

Le parlementaire



       Lorsqu’un parlementaire s’annonce par les formalités d’usage, c’est-à-dire par le port d’un drapeau blanc et par appels de la trompette… les sentinelles le font arrêter à 100 mètres de la ligne et prévient immédiatement le petit poste. Le parlementaire et le trompette restent à l’endroit où ils ont été arrêtés et font face à l’extérieur jusqu’à l’arrivée du commandant du petit poste. Les sentinelles ne communiquent en aucune façon avec eux.

Sentinelle observant l’ennemi



       Lorsqu’une sentinelle double aperçoit au loin l’ennemi, l’un des deux hommes se détache et va prévenir rapidement le petit poste, pendant que l’autre continue d’observer, en se dissimulant le plus possible derrière l’obstacle qui lui sert d’abri. Si l’ennemi continue d’avancer, les hommes qui forment la chaîne doivent résister énergiquement et chercher à l’arrêter dans sa marche par un feu bien dirigé ; s’ils ne le peuvent, ils se replient lentement, tout en combattant, sur le petit poste.

Sentinelle battant en retraite



Si l’ennemi se précipite résolument sur les sentinelles ou s’il les surprend (une sentinelle ne peut être surprise que par sa faute si elle manque de vigilance) elles font feu à plusieurs reprises (alors même que toute défense serait inutile) le salut commun peut en dépendre. Elles rejoignent ensuite le petit poste par un circuit et sans perdre de vue l’ennemi.

       Le circuit que fait la sentinelle a pour but d’éviter d’attirer directement l’ennemi sur le petit poste.

Sentinelle postée sur un toit



       En dehors des rondes ou patrouilles, personne ne doit franchir la ligne des sentinelles, ni pour entrer, ni pour sortir, à moins d’un ordre particulier du commandant de la grande garde. On fait feu sur tout individus qui tenterait de violer cette consigne. Si l’on entend des coups de fusil sur un point de la ligne, un homme de chacun des groupes de sentinelles voisins se porte, sans trop s’éloigner, dans la direction pour en connaître la cause : dans aucun cas, les deux hommes du même groupe ne peuvent quitter en même temps l’emplacement qu’ils occupent.

Sentinelle postée dans un fond



       Service de nuit

       Pendant la nuit, les sentinelles peuvent être rapprochées des petits postes. On les places près des endroits qu’elles doivent observer tels que chemins, ponts, carrefours et de préférences sur les points élevés, d’où elles percevront, plus justes et mieux les bruits qui viennent du côté de l’ennemi. Un arbre, le toit d’une maison, une meule de foin permet à la sentinelle de découvrir de plus loin.

       Dans les nuits claires et en terrain découvert, il est quelquefois avantageux de les placer dans des lieu bas pour qu’elles distinguent mieux ce qui vient d’en haut.

Sentinelle surprise



       En tous cas les sentinelles doivent si fier plus à leurs oreilles qu’à leurs yeux ; pour écouter plus facilement ce qui pourrait trahir l’approche de l’ennemi, elles ne s’enveloppent jamais la tête ; on évite de les placer près des moulins, écluses, cours d’eau rapides dont le bruit les empêcherait d’entendre. Les sentinelles ne fument pas et garde le plus profond silence, elles choisissent un point de repère fixe et apparent dans la direction qu’elles doivent observer pour ne pas se tromper sur l’orientation.

Reconnaissance d’une patrouille



       En plein jour, lorsque la sentinelle connaît personnellement les hommes d’une troupe, d’une ronde ou d’une patrouille, elle laisse passer sans formalité ; mais si elle a quelque doute et toujours la nuit elle arme son fusil et crie Halte là ! si l’on ne s’arrête pas elle crie une deuxième fois Halte là ! si l’on continue d’avancer elle fait feu. Si l’on s’arrête, elle crie Qui vive ! il lui est répondu par France, ronde ou patrouille et le signal convenu. La sentinelle dit : Avance du ralliement ! si le chef de la troupe ne s’avance pas seul, s’il ne donne pas le mot de ralliement ou ne fait pas le signal convenu, la sentinelle fait feu et se replie si c’est nécessaire, mais en combattant.

Reconnaissance d’une ronde



       Il peut arriver qu’une troupe rentrant dans les lignes n’ait pas connaissance du mot ; la sentinelle l’arrête à distance, et prévient le chef du petit poste qui vient s’assurer de l’identité de cette troupe ; celui qui n’a pas le mot, quel que soit son grade doit se soumettre aux questions que le commandant du petit poste lui pose pour sa garantie. Si des signaux remplacent ou précèdent le cri de : Halte là ! ou Qui vive ! pour reconnaître les rondes ou patrouilles, les sentinelles font les premières un signal, il leur est répondu par le signal convenu. Pour se reconnaître, les hommes d’un même régiment échangent leurs noms. Deux sentinelle se croisant pendant la nuit, la première qui aperçoit l’autre crie : Halte là ! ou fait le signal convenu.

Pour la Patrie



       Il est de notre devoir à tous de défendre contre l’étranger le sol qui nous a vu naître. Si tous les Français sont volontaires quand la Patrie est en danger, il faut que tous ces volontaires soient de vrais soldats.

       Travaillons donc sans relâche, instruisons-nous.

       N’oublions pas qu’aux yeux de notre maître à tous, aux yeux de Dieu, le droit, la justice priment la force.

       Soyons patients, laborieux, unis par l’amour sacré de la Patrie, et bientôt notre chère et bien-aimée France se relèvera plus belle, plus glorieuse que jamais. Vive la France !

4ème Armée française en Afrique



       Dévouement du capitaine Dutertre

       Après la combat de Djema Chazaouah où le colonel Montagnac à la tête de 250 hommes avait trouvé une mort glorieuse sous le feu de 10.000 Arabes, la compagnie du capitaine de Géreaux restée à la garde du camp se jette sur le marabout de Sidi-Brahim en détournant les Arabes. Ceux-ci essayent vainement d’y rentrer mais ils subissent des pertes énormes. C’est alors qu’ils amènent le capitaine Dutertre fait prisonnier le matin et porteur d’un message d'Ab el Kader. Mes amis s’écria-t-il on me charge sous peine de la vie de vous engager à vous rendre et moi je viens vous dire de mourir jusqu’au dernier pour votre pays et votre drapeau entrainé par les Arabes sa tête tombe aussitôt.

       Le mot

       Le mot est l’ensemble de deux mots qui varient chaque jour et sont communiqués aux avant-postes, patrouilles, rondes, reconnaissances, découvertes, postes et détachements comme moyen de se reconnaître et d’éviter les surprises.

Sentinelle ajustant un espion



       Devoirs des sentinelles

       Les sentinelles ayant pour but principal d’observer l’ennemi et d’avertir de ses mouvements, on les place, sans interrompre la chaîne qu’elles forment sur des points d’où elles puissent découvrir au loin ; deux groupes de sentinelles doivent s’apercevoir réciproquement, ou au moins découvrir une partie du terrain embrassé par l’autre. Les sentinelles sont, autant que possible, dérobées à la vue de l’ennemi par un arbre, un mur, un fossé, un pli de terrain, dont elles ne dépassent le plan que de la tête. L’avantage d’observer et de n’être pas vu ne doit jamais être sacrifié à celui d’apercevoir de plus loin. On évite de les placer près des lieus couverts ou l’ennemi pourrait se glisser pour les surprendre. Elles ne doivent jamais quitter leur sac, ni s’assoir.

Sentinelle à l’extrémité d’une avenue



       On cherche pour placer les sentinelles, à profiter des haies et cours d’eau, chemins, allées plantées d’arbres dont la direction serait à peu près parallèle au front des troupes à couvrir ; l’un des deux hommes placé en sentinelle double observe tandis que l’autre parcourt les sinuosités, les replis de terrain, les escarpements des chemins creux, et assure les communications avec les sentinelles voisines.

       Ces sentinelles font un service analogue à celui des patrouilles, et se reconnaissent à l’aide de signaux convenus, des mots d’ordre et de ralliement.

       En arrière de la première ligne, les sentinelles sont simples devant les postes.

Sentinelle postée dans un fossé



       Les sentinelles sont placées la première fois par le commandant du petit poste. Elles doivent tout particulièrement surveiller les routes et les chemins qui conduisent à l’ennemi. Celles des ailes se relient avec les sentinelles des petits postes voisins. Leur relèvement se fait toutes les deux heures ou toutes les heures suivant la saison mais toujours par moitié afin qu’il y ait constamment dans chaque groupes un homme connaissant le terrain et les consignes. On affecte autant que possible les mêmes hommes aux mêmes emplacements, ils s’y rendent isolément en choisissant des chemins dérobés aux vues extérieures.

Sentinelle relevée donnant la consigne



       Toute sentinelle qui est relevée indique avec soin à celle qui la remplace tout ce qu’elle a vu, les bruits suspect qu’elle a entendus et les consignes qu’elles a reçues, elle lui fournit tous les renseignement qui peuvent faciliter l’exécution du service, y compris ceux qu’elle aurait reçus de la sentinelle qui la précédait.

       En rentrant au poste, la sentinelle fait son rapport distinguant soigneusement ce qu’elle a vu et entendu distinctement de ce qu’elle a cru voir et entendre.

Sentinelle recevant les ordres d’un supérieur



       Les sentinelles sont attentives de l’œil et de l’oreille, elles ne rendent pas d’honneurs et ne laissent pas distraire de leur surveillance par l’apparition d’un supérieur. Elles ont toujours l’arme prête à faire feu : mais elles ne tirent que si elles aperçoivent distinctement l’ennemi. Les sentinelles recherchent avec soin les indices qui peuvent fournir d’utiles renseignements.

       Le soldat ne doit jamais occuper un abri qui l’empêche de faire un bon usage de son arme.

        

 

   



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