Médecins de la Grande Guerre
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Le lieutenant Cameron Brant, Iroquois et Canadien, fit
honneur à son arrière-arrière-grand-père 1) Introduction Les Iroquois furent les indiens d’Amérique les plus
attachés à la couronne britannique. Ils habitaient au nord de ce qui est
maintenant l’Etat de New-York. Depuis la conquête du Canada par les Français,
ils s’attaquèrent de façon quasi constante à ces derniers et à leurs alliés,
les Hurons. Plus tard, restés fidèles à la couronne britannique, ils
s’opposèrent aux colons luttant pour leur indépendance. Un Iroquois devint
célèbre dans cette lutte. Il s’agit du chef Mohawk Joseph Brant. Les Anglais
durent cependant renoncer à leurs 13 colonies de la côte est américaine et ils
ne purent conserver que le Canada. Joseph Brant quitta alors son pays natal,
l’Etat de New-York, pour s’établir au Canada. En 1914,
l’arrière-arrière-petit-fils de ce grand chef nommé Cameron Donald Brant
s’engagea dans l’armée canadienne pour prêtre main forte à l’Angleterre. Il fut
un des premiers soldats canadiens qui succomba en Europe, plus précisément à la
Deuxième bataille d’Ypres où le gaz fut employé à grand échelle et cela au
printemps 1915. Son corps ne fut jamais retrouvé mais son nom est gravé sur le
Monument du Menin Gate (avec les noms des 54.896
soldats du Commonwealth tués sur l’Yser avant le 15 août 1917 et dont les corps
ne furent jamais retrouvés ou identifiés). Cameron Brant fut le digne
descendant du chef Joseph Grant. Quelque part en Belgique, dans la boue des
Flandres, cet Iroquois a trouvé sa dernière demeure. Si vous lisez son nom sur
le célèbre monument, il m’a semblé bon que vous vous souveniez aussi de son
illustre ascendant. C’est pourquoi vous trouverez ci-dessous l’histoire de
l’arrière-arrière-grand-père du lieutenant Cameron. Dans nos pays européens, on
connait la lutte des indiens des plaines pour garder leurs territoires avec la
célèbre bataille de Littel Big
Horn en 1876 mais peu connaissent la lutte des nations autochtones plus de cent
ans auparavant dans l’Etat de New-York. Vous trouverez donc ci-dessous
l’histoire résumée du chef Joseph Brant qui précède celle de son descendant
Cameron Brant, un des quatre mille indiens qui se portèrent volontaire dans
l’armée canadienne durant la Grande Guerre. Histoire
du Chef Iroquois Joseph Brant
By Gilbert Stuart La déclaration d’indépendance des colonies
américaines date du 14 juillet 1776 mais la guerre qui mena à celle-ci débuta
en 1773 et se prolongea jusqu’en 1781. Les Iroquois occupaient durant cette
guerre la partie nord frontalière de ce
qui devint l’Etat de New-York. La nation iroquoise était composée de six
tribus : Sénéca, Cayuga,
Onondaga, Tuscarora, Oneida, Mohawk.
La maladresse des colons en révolte
contre la couronne anglaise conduisit les Iroquois à prendre le parti des
Anglais au printemps 1777 au Conseil d’Oswego. Désormais les braves des six
nations à l’exception des Oneidas et de la moitié des
Tuscaroras mèneront une guerre terrible contre les
colons révoltés. Le chef Mohawk Josef Brant, nommé ainsi d’après le nom de son
père adoptif d’origine britannique, prit le commandement des guerriers des
Six-Nations. C’était un homme instruit, il parlait
anglais, avait été éduqué chez les blancs et s’était même rendu en Angleterre
pour plaider la cause des siens. En 1777, le colonel Anglais Saint-Léger
remonte la vallée de la rivière Mohawk avec Brant et 1.000 guerriers pour
assiéger le Fort Stanwix aux mains des Américains et
commandé par l’énergique colonel Gansevoort âgé
seulement de 28 ans. Ce fort était le
point névralgique qui protégeait l’Etat de New-York des Anglais encore maîtres
du Canada. Gansevoort attendait impatiemment le
renfort que devait lui apporter une milice rassemblée en hâte à Dayton et
commandée par le général Herkimer
Plan de la rivière Mohawk avec ses forts. La ville New-York se situe à 242 km au sud d’Albany. Mais les éclaireurs de Brant ont détecté
l’armée de secours et lui tente une embuscade près de l’Oriskany
Creek à une dizaine de km du fort. L’endroit était admirablement choisi dans un
ravin sinueux. Les Iroquois ouvrent un feu roulant sur les miliciens américains
qui parviennent cependant par se regrouper en cercle pour résister à l’assaut.
Le général Nicholas Herkimer à la bataille d'Oriskany, tableau de Frederick Coffay Yohn (vers 1901). Le général Herkimer
et l’un des premiers touchés. La jambe brisée, il s’est fait traîner contre un arbre
et assis sur une selle, il continue à donner ses ordres dans le fracas de la
bataille. Il décèdera au fort Dayton où sa milice s’est repliée. Mais voici qu’à Fort Stanwix,
on tente une sortie pour venir au secours d’Herkimer. Brant lance alors son cri de retraite. Les
pertes de chaque côté sont lourdes. 200 miliciens américains tués tandis que
Brant en compte une centaine. La bataille est un succès tactique pour les Américains
qui conservent le fort. Brant continua cependant ses raids sur les colons
américains. Le meurtre par un indien d’une belle jeune fille nommée Jane MacCrea, suscita une haine implacable contre les indiens et
les Anglais. C’est ainsi que l’on trouva souvent sur les cadavres ennemis
qu’ils soient indiens ou anglais un billet portant les mots : « Pour
Jane MacCrea »).
Un peu plus tard, le général anglais Burgoyne s’opposa seul sans ses alliés indiens aux Américains à Saratoga où il
dut capituler avec ses 5.000 hommes. Cette bataille fut décisive dans la guerre
d’indépendance des Etats-Unis. Il est à remarquer que c’est l’absence des
indiens qui fit sans doute pencher la balance en faveur des colonies révoltées.
Plus au sud d’Oriskany, dans le
nord-est de la Pennsylvanie, se trouve une très belle vallée appelée la
« vallée du Wyoming » dans laquelle coule la rivière
Susquehanna. Une bataille terrible s’y déroulera. Partie de Niagara, une armée anglaise, accompagnée de 700
Iroquois à l’exception de ceux de Joseph Brant, veut s’emparer de la vallée.
Elle rencontre les miliciens qui sortent du Fort Forty
dans l’espoir de repousser l’envahisseur. Une terrible bataille s’engage à
l’avantage des Anglais grâce à leurs alliés Sénécas.
La défaite des Américains est considérable car plus de 240 miliciens périrent.
La vallée est ainsi livrée aux vainqueurs. L’exode des habitants, est un
calvaire. Beaucoup de femmes et d’enfants périssent. On appellera « Ombres
de la mort leur piste tragique.
Situation d’Oriskany dans l’Etat de Pennsylvanie par rapport à New-York
Le monument commémoratif de la bataille D’Oriskany Le congrès
veut alors châtier les Six-nations. Le colonel Hartley brûle trois villages sénécas et des rangers deux autres. Brant, le 11 novembre
1778 détruit le Fort et le village de Cherry Valley.
En janvier 1779, le colonel Van Dyck envoie 558 soldats brûler trois villages Onondagas. Ces indiens pourtant restés neutres jusqu’à
présent entrent alors en guerre contre les Américains et attaquent Cobleskill. Un peu plus tard, le colonel Hathorn, le colonel Hathorn, sur les hauteurs de la rivière Delaware à Minisink, engage le combat contre Joseph Brant. Après une longue bataille, sur 150
américains, 30 parviennent à s’enfuir. C’est encore une victoire de Joseph
Brant.
Mais Georges Washington est exaspéré et
met alors le prix pour vaincre les Iroquois. Une expédition est montée avec pas
moins de 4.600 hommes confiés au général Clinton. En face d’eux, les chefs
Brant et Cornplanter n’ont pu rassembler que 1000
guerriers. Ils sont renforcés par 500 Anglais. Brant imagine alors un
stratagème. Nous sommes le 17 août 1779.
Newton dans l’Etat de New-York Près de
Newton à Elmira, il fait construire un retranchement le long d’une route que
les Américains s’apprêtent à suivre mais l’œil des scouts détecte la
fortification. La ruse échoue et Brant doit sonner la retraite. La bataille de
Newton est une défaite pour les anglais et leurs alliés iroquois. Plus rien
n’empêche les Américains de dévaster tous les villages iroquois. La plupart des
Iroquois doivent trouver refuge dans les forts anglais. 5.000 d’entre eux
s’établirent à Niagara et d’autres à Détroit.
Cependant, au printemps 1780, ils
reprendront encore des raids à
partir du Canada. C’est ainsi que Brant et Cornplanter
ravageront toute la vallée de Scolharie. Un corps de
milice est envoyé d’Albany mais à la bataille de Lone
Arabia, 40 perdent la vie. L’année suivante, les
raids reprennent et 1000 Iroquois et 500 tories paralysent tout le pays entre
la Mohawk et l’Ohio. L’infatigable Brant surprendra sur les rives de l’Ohio 107
volontaires de Pennsylvanie qui se rendront après que le tiers de leur effectif
soit tombé. En 1783, les
Britanniques doivent s’avouer vaincus et les Iroquois, reçoivent des terres au
Canada près de Brantford en Ontario dans ce qui allait devenir la réserve des
« Six Nations of the Grand River ». C'est aujourd’hui la plus
grande réserve du Canada en population et la seule en Amérique du Nord où
vivent ensemble les six nations iroquoises : Mohawks, Cayugas,
Onondagas, Oneidas, Senecas et Tuscaroras, ainsi que
des membres de la nation Delaware (Lenape). Quant aux
Iroquois qui restèrent aux Etats-Unis, ils furent spoliés en dépit du traité du
Fort Stanwix
et ne purent garder que de minuscules réserves dans l’Etat de New-York
malgré les efforts de Brant.
Joseph Brant
avait en effet réussi à former une large coalition indienne sous le nom de
« Nations indiennes-Unies ». Malheureusement le Buffalo Party (le
parti du Bison, appelé ainsi d’après la phrase de l’Américain Brackenridge qui écrivit la phrase assassine : « les
indiens n’ont pas plus de droits que les bisons ! » voulut faire
éclater cette union pour traiter séparément avec chaque tribu. Ils réussirent
et les Iroquois signèrent le 22 octobre 1784 le traité de Fort Stanwix. Ce traité entre les Etats-Unis et les Iroquois
reconnaissait le droit aux Iroquois de conserver leurs domaines. Cependant
influencé par le parti du Bison, l’Etat de New-York considéra les indiens comme
relevant de sa propre autorité. Brant qui connaissait bien les colons de l’Etat
de New-York ne crut pas à leur volonté de respecter les terres indiennes d’où
sa décision, après maintes péripéties, de rester au Canada où il fut rejoint
par la plupart des Iroquois. Il vivait à
la mode d’un gentleman anglais, avait quelque 20 serviteurs blancs et noirs,
tenait une table bien garnie, se faisait servir par des serviteurs noirs en
livrée et recevait avec grâce. En 1795, il avait acquis une grande portion de
terre dans les environs de Burlington Bay (Hamilton
Harbour). Le gouvernement ayant ratifié cet achat, il emménagea plus tard dans
une belle maison qu’il y avait construite. Les Blancs qui l’avaient fréquenté
disaient leur admiration pour son intelligence, sa civilité, son affabilité, sa
dignité et sa vivacité d’esprit. Joseph Brant
mourut dans sa maison le 24 November 1807, à l’âge de
64 ans après une courte maladie. Ses derniers mots adressés à son fils John
Norton, reflète son combat : « Aie pitié des pauvres indiens et si tu
as une quelconque influence sur les grands, essaye de l’utiliser à leur
avantage. » Il fut
enterré dans la réserve des Six Nations puis en 1850. Son cercueil fut
transporté sur les épaules de jeunes indiens pendant cinquante-cinq kms jusqu’à
l’église de « His Majesty’Chapel
of the Mohawks » située à Brantford où il fut enterré.
La tombe de Joseph Brant
A Ottawa, le « Valiants Memorial » se compose de 14 statues de personnages célèbres de l’histoire militaire du Canada. Parmi ceux-ci le chef Joseph Brant est représenté dans sa tenue de guerrier. Quelques mots sur son fils John
Brant
Ahyonwaeghs, dit John Brant (27 septembre 1794 – 27 août
1832), est un chef mohawk. Fils de Joseph Brant, il participe à la guerre
anglo-américaine de 1812 aux côtés des Britanniques et prit part notamment à la
bataille de Queenston Heights
en October 1812 qui mit fin au rêve des Américains de
s’emparer du Canada. Il est en 1830 le premier Autochtone à siéger à
l'Assemblée législative du Haut-Canada puis est nommé grand chef des Mohawks de
la rivière Grand l'année suivante. Il décède malheureusement encore fort jeune
lors d’une épidémie de choléra. 3) Un de ses arrières-arrières-petit-fils,
le lieutenant Cameron Donald Brant, donna sa vie à Ypres
Captain Cameron D. Brant.
Les grands-parents paternels
et les parents de Cameron Brant devinrent des fermiers prospères et étaient des
piliers de l’église méthodiste locale. Les parents de Cameron,
Robert et Lydia Brant élevèrent neuf enfants et les encouragèrent tous à
s’instruire le mieux possible, car ils accordaient beaucoup de valeur à
l’éducation. C’est ainsi que Cameron
fréquenta l’école de New Credit et la Hagersville High School
puis rentra à l’école militaire des Wolseley Barracks
à London. Durant six ans, il servit dans le 37th Régiment (Haldimand
Rifles). Il le quitta en janvier 1912 après s’être installé à Hamilton pour
travailler dans une tôlerie. Il vivait à Hamilton avec sa femme, Florence
Phillips qui elle n’était pas Amérindienne. Le 4 août 1914,
la Grande-Bretagne déclara la guerre à l’Allemagne. Trois jours plus tard,
Brant s’inscrivit au Corps expéditionnaire canadien comme simple soldat. On
croit qu’il fut le premier membre des Six-Nations à s’enrôler. Promu officier
pendant qu’il était au camp de Valcartier, dans la
province de Québec, le lieutenant Brant du 4th Infantery
Battalion s’embarqua pour l’Europe le 3 octobre
avec le premier contingent canadien. Sur le bateau, joyeux compagnon, Brant
instruisit ses camarades de la danse de la guerre iroquoise. Après un
entraînement dans la plaine de Salisbury en Angleterre, son bataillon fut
envoyé en France en février 1915. D’un
naturel « calme et discret », Brant gagna bien vite la confiance de
ses hommes. L’officier commandant de son bataillon déclara à la mi-mars :
« Les gars sont prêts à le suivre partout. » En avril 1915, au cours
de la première grande bataille à laquelle participèrent les Canadiens, celle
d’Ypres[1], Brant affronta bravement,
à la tête de ses hommes, l’attaque allemande, qui fut précédée par l’émission
de gaz toxiques. Il mourut au combat le 23 ou le 24. Son corps ne fut pas
retrouvé. Son nom fut inscrit sur le monument Menin Gate
d’Ypres avec ceux de ses compagnons dont
les corps ne furent jamais retrouvés ou identifiés.
Sur le Menin Gate, le nom de Cameron Donald Brant Cameron Dee Brant fut parmi
les premiers des quelque 300 hommes des Six-Nations à s’enrôler dans l’armée
canadienne pendant la Première Guerre mondiale et le premier des 30 soldats
canadiens qui moururent au combat. En 1919, à l’église méthodiste de New Credit, fut dévoilé une plaque commémorative en l’honneur
du lieutenant Cameron D. Brant, le guerrier mohawk qui avait vécu et prié
parmi eux.
Sur cet article de journal, le premier officier à gauche et en haut est le lieutenant Brant Conclusion Au Canada, plus de quatre mille indiens se portèrent
volontaires soit 35% des jeunes indiens du Canada en âge de servir.
Puissions-nous nous souvenir du sacrifice des nations premières qui, plus que
d’autres nations ont éprouvé ce que signifie la perte de leurs terres suivie de
celle de leur liberté et de leur culture. Dr Loodts Patrick [1]
Cette bataille porte le nom de « Deuxième
bataille d'Ypres » (avril-mai 1915). Elle fut le premier engagement majeur des Canadiens
lors de la Première Guerre mondiale, marqué par leur résistance héroïque face à
la première attaque au chlore gazeux. Malgré la perte de 6 000 hommes, les
troupes canadiennes ont colmaté une brèche de 6 km dans les lignes, forgeant
leur réputation de ténacité. L'attaque au gaz (22 avril 1915) : Les Allemands
ont libéré du chlore gazeux, forçant la retraite des troupes coloniales
françaises et créant un vide dangereux. Les Canadiens ont comblé cette brèche,
subissant les attaques au gaz sans masques de protection adéquats, utilisant
souvent des mouchoirs ou des chiffons trempés dans l'urine pour se protéger. La ténacité canadienne : Durant la nuit du 22 au
23 avril, ils ont mené des contre-attaques acharnées, notamment à Kitchener's Wood, pour freiner l'avance allemande. Bilan et impact : Sur 18 000 soldats, plus de 6
000 ont été tués, blessés ou capturés en quelques jours. Cette bataille a
cimenté la réputation des Canadiens comme des soldats de choc. Nombre de Visiteurs depuis le 31 Janvier 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
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