Médecins de la Grande Guerre

L’aviateur américain John Donaldson secouru dans sa fuite par les chanoines d’Averbode

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L’aviateur américain John Donaldson secouru dans sa fuite par les chanoines d’Averbode




       John. O. DonaIdson est    le 14 mai 1898 à Fort Yates, dans le Dakota du Nord aux Etats-Unis. Avant de terminer ses études, il rejoignit le Service aérien canadien bien avant que les États-Unis n'entrent eux-mêmes en guerre en 1917. Il termina une formation de pilote  à l'English School for Air Fighting. Sa première mission de combat eut lieu en juillet 1918 au nord d'Amiens, en France, avec le 32e escadron de la Royal Air Force. Durant ses deux mois de combat, Donaldson devint l’un des dix meilleurs as américains de la Première Guerre mondiale, abattant sept avions (7 Fokker) et deux ballons avant d'être forcé d'atterrir derrière les lignes ennemies le 1er septembre 1918. On l’enferma provisoirement à Condé. Avec un compagnon prisonnier, il s’échappa le lendemain et rejoignit l’aérodrome militaire allemand où il comptait voler dans un hangar un avion à deux places. Découverts par un garde, ils parvinrent à lui échapper l’en ayant maîtrisé, ce qui valut cependant à Donaldson un coup de  baïonnette dans le dos. Les deux hommes furent malheureusement recapturés le 9 septembre 1918 en essayent de franchir à la nage une rivière qui séparaient les lignes allemandes des lignes alliées. Trois jours après, les deux hommes accompagnés de trois autres prisonniers s’échappèrent encore une fois. Pour des raisons de sécurité, ils se séparèrent sans doute pour rejoindre chacun de leur côté la frontière hollandaise.



Le S.E.5a avec lequel Donaldson abattit les Fokker D.VII


Le Fokker DVIII du musée de l’aviation militaire de Virginia Beach

       Donaldson traversa la Wallonie en se cachant pour finalement s’arrêter à l’abbaye d’Averbode. Il y trouva l’hospitalité et c’est sans doute là qu’il se refit une santé et que l’on soigna sa plaie dans le dos. Le prieur de l’abbaye de l’ordre des prémontrés, Julien Dockx  lui fut sans doute d’un grand secours. On imagine le pilote caché sous la bure blanche des prémontrés pendant un repos de plusieurs jours, assistant aux offices de l’abbaye tout en préparant sa dernière ligne droite vers la liberté. Le prieur Dockx n’était pas n’importe quel homme, à l’image de son protégé Donaldson, il avait un caractère énergique et joua un rôle déterminant dans la modernisation des infrastructures de l'abbaye. On lui attribue la supervision de travaux de construction importants qui ont permis à l'abbaye de s'adapter au renouveau de l'ordre de Prémontré à cette époque. Il soutint aussi l’élan missionnaire et intellectuel de l'abbaye, qui devint sous sa période un centre majeur de l'Union de Prémontré en Belgique. Il n’est pas étonnant que les deux hommes se soient appréciés.

       On peut imaginer que ce fut le prieur Dockx qui par ses relations trouva un passeur pour que son protégé puisse franchir sain et sauf la barrière électrifiée de la frontière. Donaldson parvint finalement en Angleterre deux jours avant l’armistice du 11 novembre. En remerciement pour son ange gardien d’Averbode, le prieur Dockx, John Donaldson fit parvenir à l’abbaye une dalle de marbre gravée d’un message de reconnaissance en Anglais et en français. Cette plaque fut fixée dans le mur de l’abbatiale et elle s’y trouve toujours aujourd’hui.



Sur la plaque de marbre offerte en reconnaissance au chanoine Dockx, Donaldson tint à écrire son prénom John sous sa forme hébraïque Jhon. Cette plaque se trouve dans l’abbatiale de l’abbaye d’Averbode.

       L’inscription comporte le nom du pilote mais son prénom John est ici écrit Jhon. Beaucoup pensent qu’il s’agit d’une erreur d’orthographe dû à un graveur maladroit. Il n’en est rien. Jhon est la traduction en hébreux de John et signifie  « Dieu fait grâce » ou « Dieu est miséricordieux ». Inscrire Jhon à la place de John fut sans doute le signe de la grande reconnaissance qu’éprouva Donaldson envers Julien Dokx qui lui donna la grâce d’être si bien secouru.

       Après la guerre, Donaldson continua à voler. En 1919, il reçut «  the Mackay Gold Medal » pour une compétition transcontinentale organisée par l’armée américaine. John continua à participer à de nombreux concours aérien mais malheureusement, il fut tué dans la chute de son avion lors d’une démonstration près de Philadelphia, le 17 septembre 1930. En 1951, la base aérienne de Greenville a été renommée base aérienne Donaldson en son honneur. Il est enterré au cimetière Westview à Atlanta.

       L’histoire de l’amitié entre le pilote et le prémontré n’est pas mise en évidence dans l’abbaye d’Averbode. Seul subsiste la plaque souvenir du pilote Donaldson dans l’abbatiale. La modestie  des prémontrés en est la raison et cela est tout à leur honneur.

Dr Loodts P.

 

Annexe : La Distinguished Service Cross qui lui fut décernée 

       La Distinguished Service Cross est décernée à John Owen Donaldson, sous-lieutenant (Air Service), armée américaine, pour héroïsme extraordinaire ainsi détaillé :

       Au combat près de Mont-Notre-Dame, France, le 22 juillet 1918, lorsqu'il attaqua, lors d'une patrouille, une formation de 20 biplans ennemis Fokker. En visant l'une des machines hostiles, le lieutenant Donaldson survenu par derrière, lui tira une courte rafale. L’avion ennemi prit feu et s'écrasa au sol.

        Le 8 août 1918, il engagea 5 avions de reconnaissance ennemis au-dessus de Licourt, en France. Il en choisit un et en plongeant dessus,  ouvrit le feu à bout portant, le faisant s'écraser au sol.

       Le 9 août 1918, au-dessus de Licourt, en France, observant un avion britannique attaqué par trois avions de reconnaissance ennemis, il engagea immédiatement l'un des ennemis, tirant une longue rafale à très courte distance et abattant  l'avion ennemi qui  s'écrasa au sol.

       Le 25 août 1918, au-dessus de Hancourt, en France, il attaqua quatre avions ennemis Fokker, plongeant au milieu d'eux et tirant une courte rafale sur l'un d'eux à courte distance, détruisant l'avion dont  le pilote put s’échapper  en parachute.

 Le 25 juillet 1918, au-dessus de Fismes, en France, il fit tomber hors de contrôle un avion Fokker ennemi.

       Le 10 août, au-dessus de Perrone, abattit un biplan Fokker et le 29 août au-dessus de Cambron, un deuxième avion de ce type. Dans tous ces engagements, le lieutenant Donaldson fit preuve d'un dévouement au devoir et de la plus grande bravoure face à l'ennemi. (Distinguished Service Cross (DSC) General Orders No. 13, W.D., 1924)

Pour ses services, Donaldson reçut aussi la Service Cross du prince de Galles, la Croix de Guerre belge, ainsi que de nombreuses autres distinctions.

 

Détails des victoires de Donaldson

Date    Time    Unit     Aircraft           Opponent        Location

1          22 Jul 1918     1810    32        S.E.5a (E1361)           Fokker D.VII (DES)  Mont N D

2          25 Jul 1918     1900    32        S.E.5a (E5939)           Fokker D.VII (OOC) Fismes

3          08 Aug 1918   1815    32        S.E.5a (B8374)           Fokker D.VII (DES)  Licourt

4          09 Aug 1918   1100    32        S.E.5a (E5939)           Fokker D.VII (DES)  Licourt

5          10 Aug 1918   1130    32        S.E.5a (E5939)           Fokker D.VII (OOC) Péronne

6          25 Aug 1918   0650    32        S.E.5a (E5939)           Fokker D.VII (DES)  Hancourt

7          29 Aug 1918   0750    32        S.E.5a (E5939)           Fokker D.VII (OOC) Cambrai

 

 

 


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